
"Têtards sur fond vert", 150 X 98 cm, fusain et acrylique sur kraft, 2010

"Le corps blanc", 124 X 85 cm, fusain et acrylique sur kraft, 2010

"Femme-pomme à l'enfant", 145 X 98 cm, fusain et acrylique sur kraft, 2010
"Ruine de la deuxième pierre"
(extraits du recueil Gastrolithes)
Ruine posée au bord des routes
pour dire l’absence
photo laissée à la poussière
Serrer trop fort
l’ombre d’une empreinte
*
Maison abandonnée
qui détient le pouvoir
des objets autonomes
prolonger
le coma du silence
Maison cachant
par des volets de lierre
ses poutres à pigeons
et sa poussière sereine
*
Chercher à tout prix
à voir l’intérieur
entre les jambes de l’abandon
avant démolition
ou plus
avant l’oubli
Qui d’autres
portera cette charge ?
La tour prend parfois
son origine
dans une main
ouverte au ciel
*
Tour puisqu’il faut la nommer
pierre puisqu’il faut la bâtir
sur qui s’étend le souffle
et la matière
*
La tour dépose
les armes des saisons
D’elle-même
la marée recule
l’herbe devient friche
*
À perte de vue
une terre sans grain
où l’homme pourrait naître
Tour
prémisse du trait
vestige de la première pierre
*
La tour
armée de son nuage
raille
ses mollets de carrière
les contreforts du silence
*
Tour d’où s’envolent
cigognes et sorcières
Qu’une pierre suffise
à retenir le pas
et par là-même
la descendance
*
Ne pas savoir
qui du puits
qui de la tour
est le reflet de l’autre
Un oiseau en forme de bouche
traverse
la pesanteur de la pierre