mardi 24 août 2010

Poèmes dans la revue "Coup de soleil", n° 79, juin 2010


Cette revue, dirigée par Michel Dunand et Marie-Françoise Payet-Salesiani, est sous-titrée "Poésie et art". Le numéro 79 a pour couverture une très belle création de Christophe Miralles. On retrouve également dans ce numéro les poètes : Max Alhau, Michel Passelergue, Gérard Bocholier, Jacques Canut, Jean-Paul Gavard-Perret et Philippe Mathy.
(Adresse de la revue : 12 avenue de Trésum - 74000 Annecy)
Les poèmes que j'y ai publiés ont été inspirés par les sculptures de Marc Petit.
Voici quelques extraits parmi les 20 poèmes publiés dans cette revue :


L’ARCHE DE SES OS
(extraits)



Joues creusées
ravinées plus que la terre

Reconnaître un ancêtre
dans la chair gonflée
d’une paupière offerte
aux sabots de la pénombre


*


Donner sa face
en coup de poings
dans la tourbe


*


Bourrelet de chair
boulier d’un visage
qui sans compter trace
dans l’imprécision
les ressacs
d’un homme qui grandit


*


De sa joue
un autre pousse
arrosé de ses doutes

Finir par penser qu’un cri
s’est mis en chair
pour ne pas faire de bruit


*


Il attend qu’un autre
vienne éteindre sa chair
vieux cierge déchargé
de sa prière

*


Ce corps de charbon
a commencé à prendre
la brûlure du ciel

Dans ses veines creusées
par les insectes et le chagrin
il peine à faire signe
de ses bras déjà enfuis
vers le silence

Sourire
des jours où l’homme est digne

mercredi 23 juin 2010

Poèmes dans la revue "7 à dire", n°41, mai-juin 2010

Le boucher visionnaire
(extraits)


Chambre froide
lit nuptial de la mort
où des chairs offertes
exposent leurs crochets

*

Dans la faïence verte
s’est imprimée
toute la compassion
d’une carcasse
aux yeux vidés

*

Gorge tranchée par une étoile
d’où a jailli
le sang lacté d’une promesse

*

Sur le reflet
d’un couteau
le boucher devine sa faim
et la langue du bœuf
qui parle en lui

*

Carcasse ouverte
trouée par le silence
de ceux qui caressent la mort

Exposition de dessins à l'arboretum de Chabanais (16)

Voici quelques photographies de l'exposition de dessins récents (réalisés au crayon de couleur aquarellable) samedi 15 avril 2010 lors de la fête de l'arboretum de Chabanais (en Charente) :



mardi 27 avril 2010

Note de lecture de Thierry Piet sur "L'appétit de la mort" (avril 2010)

« Quel beau recueil de poèmes que cet « Appétit de la mort » de Thomas Duranteau ! Je l’ai lu et relu souvent. C’est un recueil que j’ai dévoré. Ils sont rares les livres qui m’accompagnent sur la table du salon ou sur la table de chevet pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
L’objet déjà est très réussi avec les créations de Lydie Arickx. Le contenu aussi.
Ce recueil pourrait faire frémir si on ne s’arrêtait qu’au seul sujet de la mort et surtout si on cherchait à le comparer à cet autre livre qui a fait couler beaucoup d’encre en son temps : « Suicide, mode d’emploi ».
Mais ici il s’agit d’un recueil de poèmes : je veux dire qu’on ne peut apprécier le sujet indépendamment de la forme que son auteur lui a donnée et de la force qui s’en dégage.
Ecrire sur la mort est toujours dangereux, car seuls ceux qui l’ont vécue pourraient en parler, et nous savons bien que cela ne s’est jamais vu et ne se verra jamais. Par contre, le poète peut toucher quelque chose de juste et de beau dans cette dernière seconde inéluctable qui fascine et interroge tout vivant.
C’est là le tour de force du poète, car Thomas Duranteau a su trouver une architecture et une justesse de ton qui donnent au recueil son caractère unique et vivant. Il n’y a rien de morbide dans cet ensemble de poèmes, mais il y a une force et une beauté qui se dégagent et qui se transforment en lumière.
En effet, la fascination réside pour moi dans cette écriture sobre et précise, presque tranchante et violente, qui suggère plus qu’elle ne dit, qui laisse passer un peu d’inconnu et de mystère entre les mots.
Dans chaque ‘chapitre’ suinte un peu de lumière biblique – j’ai reconnu au détour de certaines phrases ou images des allusions à l’Arche de Noë, au Sacrifice d’Abraham, à La Tour de Babel, à Sodome et Gomorrhe – mais alors que pourrait se fermer la pierre tombale sur chacun de ces chapitres , un éclair ou un éclat se pose comme un point d’interrogation ou une lueur d’espérance à qui veut bien la déceler (desceller). »